Je t'aime... moi non plus...(Mai 2015)


Bonjour à tous,


En juillet 2013, pour la rédaction de l'article " Pourquoi elle ne veut plus de moi ?", je donnais la parole à certaines de mes consoeurs, et la formule a visiblement bien plu puisque vous avez été nombreux à réagir positivement à cet article et à me féliciter pour cette initiative.

Je réitère donc l'expérience aujourd'hui, et reprends ma plume virtuelle mais cette fois pour vous parler d'amour... Sympa non ?

Plus sérieusement, je consulte régulièrement certains forums et j'avoue être stupéfaite par la facilité déconcertante avec laquelle de nombreux clients, tombent amoureux d'une escort après seulement quelques rencontres. 

J'ai voulu savoir ce que mes consoeurs pensaient de cette nouvelle tendance "made in love" et comment elles géraient ces "serial lovers" ?

Il résulte de mon enquête que si pour certaines les rencontres avec un client amoureux apparaissent comme une pause salvatrice qui leur fait du bien*, pour d'autres en revanche, elles s'apparentent plus à un chemin de croix qu'à une promenade de santé.

Harcèlement, scènes de jalousie, chantage affectif... certains n'hésitent pas à employer les grands moyens pour convaincre.

Pour ce qui me concerne, et la majorité des escorts que j'ai interrogées est d'accord avec moi, je n'ai jamais autant entendu de "Je t'aime" que depuis que j'exerce cette activité. 

Il est vrai que j'essaie autant que possible de donner une dimension émotionnelle et humaine à chacune de mes rencontres, et c'est sans doute cette empathie qui pousse certains messieurs à "m'aimer". Mais ces élans d'amour à répétition m'interpellent, et logiquement je me pose de nombreuses questions.

Ces hommes sont-ils sincères ? 
Ne confondent-ils pas "passion" et "amour" ? 
Que cherchent-ils exactement ? 
Aiment t-ils "l’escort", ou la femme que je suis ?
Autant de questions auxquelles mes consoeurs et moi-même avons tenté de répondre.

 

1 - Ces hommes sont-ils sincères ?

Oui et non, tout dépend des raisons pour lesquelles ils font appel à une escort.
Dans la majorité des cas la motivation d'un client est avant tout d'assouvir un désir sexuel, mais pour certains il s'agit surtout de combler un manque affectif, ces derniers, si l'escort arrive à combler ce manque, peuvent tout à fait développer un sentiment amoureux, même si celui-ci a peu de chance de survivre dans le temps. 

2 - Ne confondent-ils pas "passion" et "amour" ?

Si l'on part du principe qu'un amour se construit sur la durée, la confusion entre passion et amour est tout à fait possible.
A titre d'exemple, l'une de mes consoeurs m'a confié qu'un de ses "amoureux" qu'elle voyait régulièrement depuis plusieurs mois, avait mis fin à leur relation car il trouvait leurs rapports trop monotones. Il s'agit là de la réaction d'un homme passionné et non de celle d'un homme amoureux il me semble.

3 - Que cherchent-ils exactement ?

Bien qu'il existe des exceptions avérées, elles sont peu nombreuses... dommage, dans la majeure partie des cas, et il suffit de lire les commentaires sur certains forums pour s'en convaincre, l'intérêt est financier. 

Peu avares de promesses certains n'hésitent pas à faire miroiter à l'escort une vie future et commune.

Mais mon écoeurement fut à son comble lorsque l'une d'entre elles me confia avoir été séduite par l'un de ces beaux parleurs qu'elle ne faisait plus payer. Et pour cause, outre un avenir commun, ce dernier lui avait promis un poste dans sa société. Après 8 mois d'attente et des explications plutôt vaseuses de l'intéressé, elle comprit qu'il s'était foutu de sa figure (n'ayons pas peur des mots), et elle mit un terme à cette relation.

Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent c'est bien connu, et certains, sans doute en proie à de sévères pertes de mémoire, oublient celles qu'ils ont

faites, se complaisent dans une situation d'assistanat affectif et surtout sexuel et lorsque l'escort s'impatiente ils lui répondent avec aplomb et détachement qu'il ne faut pas se précipiter, qu'il faut prendre son temps avant de s'engager, que si les choses doivent se faire elles se feront naturellement... En langage "Je te prends pour une conne", ça signifie "Tu peux toujours courir".

Après l'urgence des sentiments avoués, on prend son temps... beaucoup de temps... 

Remarquez si j'étais à leur place je ferais sûrement la même chose. Après tout pourquoi s'encombrer de la vache quand on a le lait à l'oeil...

4 - Aiment t-ils "l'escort", ou la femme que je suis ?

Pour ce qui me concerne et si j'en juge par mes deux expériences en la matière, je répondrai ni l'une ni l'autre. Je suis sortie deux fois du cadre, pour vivre deux superbes aventures qui ont respectivement duré 8 mois et 3 mois… Même pas le temps de se lasser ;-)

Mais je ne regrette rien, ces aventures même si elles n'ont pas eu la chute que j'espérai, sont arrivées à un moment où j'avais besoin d'entendre certaines choses, elles m'ont permis de traverser des périodes difficiles, et en ce sens elles ont été positives.

D'autres escorts pensent que leur client était sincère, en tout cas qu'il l'a été à un moment, mais avoir une relation privée avec une escort girl c'est compliqué et pas

facile à supporter pour certains. Nous les comprenons parfaitement.

Quel est le profil de ces "Serial lovers " ? 

Il en existe plusieurs. Petit tour d'horizon pour n'en citer que quelques-uns...

- Celui qui sort d'une rupture sentimentale mal vécue :  

Il s'attache très vite, est limite collant, et a tendance à être plutôt dépressif que bon vivant. A quelques rares exceptions près, ne vous attendez pas à faire un long parcours avec ce type de client, et n'abandonnez surtout pas votre activité pour lui.

Je relatais l'an dernier dans ce journal la mésaventure qu'avait vécue l'une de mes consoeurs toulousaine. 
Un de ses clients souffrait de dépression suite à une rupture sentimentale et s'était attaché à cette escort qui l'écoutait parler  de sa vie des heures durant, de son ex, de cette rupture qu'il supportait mal... Elle le consolait, et le comprenait étant elle-même en une grande détresse affective et financière.

Aussi lorsque ce dernier au bout de trois mois lui proposa d'habiter avec lui, elle accepta sans même prendre le temps de réfléchir. 

Dommage... Elle aurait dû lui faire signer un contrat de retour sur investissement avant de tout laisser tomber pour lui.

En effet, pendant les 10 mois qui suivirent elle fit son possible pour lui redonner goût à la vie et lui faire reprendre confiance en lui.

Une fois guérie de sa dépression, il réalisa qu'à cause de son passé de prostituée, (tels furent les mots employés), ce n'était pas une femme pour lui, et après l'avoir trompée, il la laissa tomber, sans aucun remord.

Une autre, "une fille bien cette fois", allait désormais profiter du nouvel homme qu'il était devenu.

Elle retourna donc, la mort dans l'âme, à son activité d'escort, mais comme nul n'est indispensable, elle constata que ses clients ne l'avaient pas attendue et l'avaient remplacée.

C'est elle qui me contacta d'abord par mail pour me faire part de son désarroi. Son mail me toucha profondément et je l'ai appelée.

Nous avons papoter jusque tard dans la nuit, et je pense modestement que cette conversation lui fit beaucoup de bien.

Elle continue son activité mais n'attend désormais plus rien des clients qu'elle rencontre, parce qu'elle sait maintenant qu'il n'y a rien à attendre de ceux qui la paient.

Pour avoir moi-même rencontré des dépressifs, je confirme qu'on ne peut rien attendre d'eux, et ce ne sont en outre pas les clients les plus faciles... 


- Le profiteur, un beau parleur qui fera tout pour arriver à ses fins, à savoir : ne plus payer. 

Alors lui il met le paquet !

Le séducteur par excellence... et pas besoin d'être beau pour cela....

Déclaration d'intentions, petite larme à l'oeil quand il le faut, promesses (non tenues bien sûr)... C'est en règle générale le plus repérable, parce qu'il en fait trop. Il n'empêche que beaucoup d'escorts sont tombées dans ses filets, sans doute parce qu'à un moment donné, ou dans les périodes difficiles, comme moi, elles avaient besoin d'entendre certaines choses et d'espérer.

- Celui atteint du syndrome "Pretty woman" :  

Son seul but est de sortir celle qu'il aime de ce milieu, et lui offrir une vie meilleure, même si il sait qu'il ne pourra pas lui assurer le train de vie qu'elle avait auparavant.

Pas le plus mauvais de tous, loin de là même, mais malheureusement pour lui c'est celui qui se fait le plus avoir par des filles sans scrupules, qui profitent de lui. A force de se faire avoir, il devient souvent aigri et revanchard, et a une très mauvaise opinion des escort girl.

Personnellement j'ai toujours été honnête avec mes clients, et ne promets jamais plus que ce que je ne peux donner, c'est à dire pas grand chose.

- Celui qui est tombé sous le charme de celle qui l'a écouté, chouchouté et mis sur un piédestal, en occultant totalement le fait qu'elle est à la base payée pour ça et pas pour faire la gueule :  

J'ai eu affaire à ce genre de clients, autant dire que lorsque l'attirance n'est pas réciproque, c'est pas de la tarte...

Et si en plus, ce qui est souvent le cas,  il n'a pas un physique facile, (pour reprendre l'expression de Pierre à propos de celui de Thérèse dans Le Père Noël est une ordure), il n'en sera que plus âmer, et à la moindre occasion il vous fera payer très cher le fait de l'avoir éconduit.

- On va terminer par celui attiré par le côté inaccessible de l'escort :  

Je me souviens en 2007 une escort parisienne avec laquelle j'avais un bon feeling (oui, il y en a), m'avait racontée qu'elle avait deux ans plus tôt arrêté son activité d'escorte pour créer sa propre boite. Deux de ses clients, amoureux tous les deux, enfin disons très épris, l'avaient encouragée à franchir ce cap de la reconversion en lui assurant qu'ils seraient là pour elle en cas de besoin.

Ils l'ont été, mais pas aussi longtemps qu'elle l'avait prévu, 6 mois pour l'un, 8 mois pour l'autre, et ce qui devait arriver arriva, son entreprise n'eut pas le succès escompté, et au bout d'un an et demi à peine elle reprenait non pas les chemins de l'école, mais les routes semées d'embûches de l'escorting.
Que s'est-il passé ?D'après elle, le fait qu'elle soit devenue une femme comme les autres, qu'elle ne soit plus inaccessible, a changé la donne. 

Globalement je suis de son avis, même si je pense que d'autres paramètres, qu'il serait trop long de développer ici, ont dû rentrer en ligne de compte.

Mais peu importe les raisons qui ont poussé ses clients à s'éloigner d'elle, il nous appartient à nous seules de choisir le bon moment pour cesser cette activité.

C'est la raison pour laquelle (au grand déplaisir de certaines et certains) j'ai à maintes reprises reporté ma sortie, car après une étude de marché approfondie, il s'est avéré que mes projets professionnels auraient été non viables sur le long terme, (remarquez à l'heure actuelle qu'est-ce qui est viable en France ? Pas grand chose...).

Autre chose, même si je reconnais que pour certains il n'est pas facile de savoir sa bien-aimée dans les bras d'un autre, on ne peut pas demander à une escort de cesser son activité simplement en lui disant qu'on l'aime, c'est maigre comme garantie.

Certaines l'ont pourtant fait... Et elles sont revenues... Et forcément il est plus dur de se refaire un trou dans cette activité lorsque l'on a arrêté pendant x temps. 

En conclusion...

Même si la tentation est grande de rêver à un avenir meilleur et plus stable, il faut savoir garder le sens de la proportion et de la modération, en somme rester lucide.

Dans une relation vénale, une déclaration d'amour qu'elle émane du client ou de l'escort elle-même, doit être prise avec beaucoup de précautions...

Comme je l'avais écrit dans l'un de mes articles, je ne quitterai pas cette activité pour un client, mais pour un projet professionnel. Et si je revivais une aventure sentimentale avec l'un deux, ne vivant pas d'amour et d'eau fraiche, des mots d'amour et des déclarations enflammées ne sauraient se substituer au versement de mes honoraires. 

Pour finir, et pour justifier mon scepticisme face aux élans amoureux de certains, sachez que je garde toujours à l'esprit ce que disait un de mes amis, célibataire endurci qui multipliait les conquêtes, et on va se quitter sur ces "belles" paroles : 

Il faut bien flatter la vache avant de la traire... 
A méditer...

Merci de m'avoir lue
Bises douces et chaleureuses
NINON DE TOULOUSE

*Remerciements particuliers à Michelle, Fanny, Cathy, Laurence, Vero et Mary (certains pseudos ont été modifiés) pour leur participation à cet article.

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